Paroles de médecins de l’Hôpital Forcilles

Quelle vision les médecins de l’Hôpital Forcilles ont-ils de leur activité ? Réponse en 3 témoignages, après une courte présentation de leur parcours.

Dr René Cabrit

Chef de pôle Ambulatoire et Plateaux techniques, et chef de service pour la pharmacie et la nutrition entérale à domicile.

« J’ai intégré l’Hôpital Forcilles en 1990 pour mettre en place le contrôle de l’antibiothérapie. La même année, j’ai créé une unité de nutrition entérale à domicile, qui, par le travail de mon équipe existe toujours, et dont je suis chef de service. En 1992, j’ai également piloté la centralisation de la chimiothérapie, ainsi que l’activité de nutrition parentérale. En tant que pharmacien chef service, je supervise, avec mes adjoints, tout ce qui relève des activités de la pharmacie : les médicaments, les dispositifs médicaux stériles, etc., sachant que l’Hôpital Forcilles est l’un des rares établissements d’Ile-de-France à avoir son circuit du médicament entièrement informatisé. Il est reconnu pour cela et souvent cité en exemple. Lors des accréditations de 2003, 2007 et 2011, il était noté « A » pour la sécurisation du circuit du médicament. Sa notoriété s’étend à toute la France. Pour preuve, en moins de dix ans, plus de 700 personnes de 233 établissements privés ou publics y ont reçu des formations relatives à la chimiothérapie, notamment sur la manipulation des anticancéreux.
Depuis la reprise de la gestion de l’hôpital par la Fondation Cognacq-Jay, j’ai été nommé chef de pôle Ambulatoire et Plateaux techniques. Cela concerne, d’une part, les activités de consultations et d’hôpital de jour et, d’autre part, celles de radiothérapie, laboratoire, imagerie médicale, pharmacie, etc. Le développement de l’hôpital va entraîner des adaptations, qui s’appuieront sur les atouts existants, notamment la compétence des pharmaciens. »

Dr Nancy Moisy

Chef du pôle « Oncologie et maladie des voies respiratoires », et chef de service d’oncologie générale et ORL pour le court séjour et les soins de suite et de réadaptation.

« Je suis oto-rhino-laryngologiste (ORL), chirurgien de la face et du cou. Mon parcours est atypique : très attachée au contact humain, j’ai abandonné la chirurgie pour l’oncologie médicale ORL. Je suis devenue chef du service d’oncologie de l’Hôpital Forcilles en janvier 2001. Mais j’ai gardé de nombreux liens avec les services de chirurgie. Je participe notamment chaque semaine au staff de chirurgie de l’Hôpital Bichat-Claude Bernard - mon service d’origine -, pour anticiper l’accueil en post-opératoire. Je suis également en relation avec de nombreux services ORL et de chirurgie maxillo-faciale d’Ile-de-France, ainsi qu’avec des structures de l’Aude ou de l’Yonne qui n’ont pas un plateau technique comme le nôtre.
L’équipe pluridisciplinaire du service assure une prise en charge globale des personnes atteintes de cancer des voies aérodigestives supérieures, mais pas seulement. L’activité est élargie à d’autres types de cancers (poumon, sein, ovaire, vessie, etc.).
Ce qui caractérise notre prise en charge, c’est qu’elle est extrêmement personnalisée. La personne hospitalisée est suivie dans sa globalité, du soin post-opératoire à l’éducation thérapeutique en vue de son autonomisation, en passant par la réinsertion sociale, familiale et professionnelle. Dans cet établissement de moyenne capacité, le patient n’est pas un numéro, et le dialogue est permanent entre les professionnels de santé. Notre mission : soigner, soulager, écouter, préserver et accompagner. Ce qui implique beaucoup de relations humaines. »

Dr Catherine Sinclair

Responsable de l’unité de soins palliatifs

« Je suis arrivée à l’Hôpital Forcilles en 1986. J’ai d’abord exercé dans un service de nutrition, puis en oncologie ORL. Afin d’optimiser la prise en charge des patients, j’ai acquis des compétences complémentaires grâce à plusieurs diplômes universitaires (DU de carcinologie cervico-faciale, carcinologie clinique, douleur en cancérologie, psycho-oncologie, soins de support, soins palliatifs). Aussi l’ouverture de l’unité de soins palliatifs était-elle pour moi l’opportunité de concrétiser ce vers quoi je tends depuis plusieurs années, au-delà des soins palliatifs déjà intégrés à la pratique médicale et soignante de l’établissement. La nouveauté, c’est que l’unité dédiée aux soins palliatifs accueille préférentiellement des patients externes, en provenance d’autres établissements ou de leur domicile. Elle répond à un besoin clairement identifié dans le plus grand département d’Ile-de-France où la population s’accroît rapidement. Dans la continuité des pratiques antérieures, notre approche palliative est globale, avec des accompagnements spécifiques en matière de douleur physique ou morale, de soins du corps, d’alimentation, d’assistance sociale, de respect des cultures, de soutien vis à vis des proches. La compétence des professionnels de l’établissement (infirmières ayant des DU douleur ou de plaies et cicatrisation, professionnels des soins de support, etc.) constitue un atout pour cette activité, de même que l’aménagement hôtelier ou que les partenariats mis en place, et surtout l’appui de la Fondation Cognacq-Jay, acteur historique des soins palliatifs. »

Dr Sophie Vidal-Jessel

Chef de service de diabétologie

« Je suis spécialisée en médecine interne, orientée diabétologie et nutrition. Mi-2014, j’ai pris la responsabilité du service de diabétologie, dans lequel j’exerce depuis 1999. Auparavant, j’ai notamment travaillé dans le service de diabétologie de l’hôpital Boucicaut à Paris.
Je suis attachée à soigner les patients diabétiques dans une approche centrée sur la personne. J’ai la volonté de leur apporter davantage de bien-être dans le cadre d’une maladie chronique contraignante, afin qu’ils aient le moins de complications possibles.
Le diabète est en pleine explosion, en Seine-et-Marne comme ailleurs. Notre service a un rôle à jouer pour aider ces patients à se prendre en mains. Cela nécessite beaucoup d’écoute et de patience, car ils s’écartent facilement de leurs bonnes résolutions. Il est vrai qu’ils doivent changer des habitudes anciennes, en particulier alimentaires, ce qui vaut aussi pour les patients en surpoids. Et ce n’est pas simple d’imposer à une personne - à un moment où elle ne ressent pas sa maladie - des contraintes de soins, de surveillance et de traitement, pour éviter des effets secondaires graves.
Toute l’équipe pluridisciplinaire se mobilise donc afin que le patient comprenne sa maladie et puisse faire face à toutes les situations… tout en sachant que nous sommes toujours là en cas de besoin.
L’avantage de cet hôpital, c’est que, n’étant pas trop grand, tout le monde se connaît, ce qui simplifie les demandes d’avis mutuels. Et n’étant pas trop petit non plus, il est facile d’avoir sur place des consultations spécialisées. »